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â SERIE â
#OurWorld
ÂŹ 43 chroniques du XXIe SiĂšcle
150 x 80 cm | 2014 > 2019
Imprimé à 5 ex. sur Diasec Ultra Glossy
«Appelez-moi Walt. Walter Bull.
Vous ne me connaissez pas, mais câest moi qui dirige le monde.
Moi, mes pairs et mes frĂšres.
Vous-vous en doutiez, et câest un secret de polichinelle, vous nâavez strictement rien Ă dire.
Vous pouvez crier, hurler, protester, contester, manifester, ...
On sâen fout. On fait ce que lâon veut, quand on veut, oĂč on veut.
'It's just business', rien de personnel.»
INTRODUCTION 'Les sĂ©ries & portraits' | XAVIER LĂWENTHAL | Auteur & Ă©diteur (La 5e Couche) | 2021
â Les sĂ©ries et les portraits de Lucas Racasse participent dâune esthĂ©tique baroque quâon pourrait dire âdâauto-tamponneuseâ (âdâauto-scotĂšreâ, aurait-il dit lui-mĂȘme, dans son enfance brabançonne), avec les chairs et les muscles marbrĂ©s de Rank XĂ©rox, le hĂ©ros culte de Liberatore, et, simultanĂ©ment, les calmes chiaroscuri des tableaux de Hopper. Ses filmstills Ă la Cindy Sherman, de films qui nâexistent pas toujours, prĂ©sentent des scĂšnes sordides de faits divers violents, toujours nimbĂ©s dâune lumiĂšre borĂ©ale, comme une annonciation de Fra Angelico. Guy Peellaert fut son maĂźtre, sa fĂ©e, la marraine qui se pencha sur son berceau. Peellaert, qui nâavait besoin que dâune image pour dire les 129.600 que compte un film. Cela en fait des noms, en Ă peine quelques lignes. Câest que lâimaginaire de Racasse est plein de rĂ©fĂ©rences : câest un homme cultivĂ©.
Racasse a beaucoup travaillĂ© pour lâart vivant (une soirĂ©e endiablĂ©e, câest de lâart vivant). Ce qui est vivant meurt (sauf lâinstant, qui est parfois Ă©ternel). Ce travail-lĂ prĂ©cĂšde lâĂ©vĂ©nement, lâannonce, lâaccompagne parfois. LâĂ©vĂ©nement passe. Il produit ces instants Ă©ternels et disparaĂźt. Il en survient un autre et ça recommence. Câest un rythme saccadĂ©, frĂ©nĂ©tique aussi. Il faut aller vite, rendre les choses Ă temps. Câest un sprint en Ă©quipe. La ligne franchie, Racasse, loin de toute urgence extĂ©rieure, mĂ» par sa seule urgence intĂ©rieure, retrouve la solitude du coureur de fond. Car il court encore, il ne peut pas sâarrĂȘter, il est comme la rĂ©volution qui est comme une bicyclette qui, pour ne pas tomber, va. Il se plonge alors avec dĂ©lectation dans lâouvrage obstinĂ© de lâartisan, jusquâĂ ce quâun nouvel Ă©vĂ©nement lâen arrache. Câest ainsi quâil trompe la page blanche : en menant, parallĂšlement Ă son travail dâartiste de lâĂ©vĂ©nement, plusieurs sĂ©ries, de front, qui, elles, ne sâachĂšvent jamais. Des affiches de films qui nâexistent pas, des dioramas de champs de bataille (Waterloo ! Waterloo !) Ă©voquant lâactualitĂ© politique et les âgrands hommesâ qui la font, Ă coup dâĂ©lections et de guerres, sous le regard cauteleux de Walter Bull, son BelzĂ©buth, des chicons, des frites, des atomiums (atomia?), saint roi Baudouin et sa vierge Fabiola, la vĂ©ritĂ© de la chair putrescible dans les reprĂ©sentations clichĂ© de lâamour kitsch, des travailleuses du sexe comme des portraits de reines... Et ne soyez pas surpris de ne pas reconnaĂźtre tous les portraits dâicĂŽnes Ă la Warholl de Racasse : Ă ses yeux, tous ses amis sont des pop-stars.
extrait du livre 'Every day is Picture Day' | 2020
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